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Détail des vitraux de la chapelle haute de la Sainte-Chapelle après la restauration du XXIe siècle

Restauration de la Sainte-Chapelle — De Viollet-le-Duc à nos jours

La restauration des années 1840 qui a sauvé la chapelle, la conservation des vitraux au XXIe siècle, et ce qui est d'origine par rapport aux éléments restaurés.

Mis à jour en mai 2026 · Équipe conciergerie Sainte-Chapelle Tickets

La Sainte-Chapelle telle que nous la découvrons aujourd'hui est le fruit de deux grandes campagnes de restauration : les travaux du XIXe siècle menés par l'architecte Eugène Viollet-le-Duc (et ses collaborateurs) qui ont sauvé l'édifice de l'abandon post-révolutionnaire, et la conservation des vitraux du XXIe siècle achevée en 2015. Ce guide vous révèle ce qui relève de l'œuvre d'origine du XIIIe siècle, ce qui est restauré, et comment distinguer les deux.

La restauration des années 1840

La Sainte-Chapelle avait été réquisitionnée pendant la Révolution (1789-1799) comme entrepôt de farine, puis transformée en archives publiques — l'usage le plus néfaste imaginable pour des vitraux médiévaux. De nombreux panneaux furent endommagés ou retirés ; le décor peint fut recouvert de badigeon blanc ; la flèche du toit s'était effondrée. Dans les années 1830, la chapelle était pratiquement à l'abandon.

Eugène Viollet-le-Duc — l'architecte qui reconstruisit également la flèche de Notre-Dame et les remparts de Carcassonne — entreprit une restauration majeure de la Sainte-Chapelle à partir de 1840, poursuivie durant les années 1850. Le décor peint des colonnes intérieures et du plafond fut repeint en s'inspirant des fragments subsistants. Les panneaux de vitraux manquants furent réparés ou remplacés par de nouvelles créations suivant les cartons médiévaux. La flèche du toit fut reconstruite (la flèche actuelle date du XIXe siècle, non du XIIIe).

Ce qui date du XIIIe siècle

Une part importante du programme vitré du XIIIe siècle a survécu — particulièrement dans les fenêtres de la chapelle haute. Sur les 1 113 panneaux de la chapelle haute, environ deux tiers (quelque 700 panneaux) sont des vitraux d'origine du XIIIe siècle ; le tiers restant correspond à des remplacements du XIXe siècle réalisés à l'identique. La distinction est difficile à percevoir depuis le bas ; seul un examen rapproché (ou le guide officiel) permet d'identifier les panneaux d'origine des panneaux remplacés.

La structure architecturale est en grande partie d'origine — les colonnes porteuses en pierre, la voûte sur croisées d'ogives, le plan au sol. Le décor peint sur les colonnes et le plafond relève de la restauration du XIXe siècle, fidèle aux palettes chromatiques médiévales. La flèche du toit date du XIXe siècle. Les chapiteaux sculptés au sommet des colonnes sont majoritairement du XIIIe siècle, avec quelques remplacements du XIXe siècle lorsque les originaux étaient trop endommagés.

Conservation des vitraux au XXIe siècle

De 2008 à 2015, la Sainte-Chapelle a bénéficié d'une vaste campagne de conservation de ses vitraux durant 7 ans — la première restauration d'ensemble des verrières du XIIIe siècle depuis Viollet-le-Duc. Chaque panneau a été soigneusement déposé, nettoyé (élimination de la crasse médiévale et des vernis de restauration du XIXe siècle), réparé, puis reposé avec de nouveaux plombs de sertissage (les baguettes de plomb maintenant les pièces de verre).

Cette campagne de conservation a également permis l'installation d'un vitrage de protection extérieur (une seconde paroi de verre moderne transparent) afin de ralentir la dégradation causée par les pluies acides et la pollution atmosphérique. La restauration du XXIe siècle a restitué l'intensité chromatique ternie par des siècles d'encrassement. Les visiteurs ayant découvert la Sainte-Chapelle avant 2008 puis après 2015 constatent une différence saisissante — les verrières déploient aujourd'hui des couleurs plus riches et une netteté de détail inégalée. Le programme iconographique de 1 113 panneaux n'a jamais été aussi lisible qu'à l'heure actuelle.

Questions fréquentes

Les vitraux de la Sainte-Chapelle sont-ils d'origine médiévale ?

Environ deux tiers — quelque 700 des 1 113 panneaux de la chapelle haute sont des verrières d'origine du XIIIe siècle. Le tiers restant est constitué de restitutions réalisées au XIXe siècle par Viollet-le-Duc d'après les cartons d'origine.

Qui a restauré la Sainte-Chapelle dans les années 1840 ?

Eugène Viollet-le-Duc — l'architecte également en charge de la restauration de Notre-Dame et de Carcassonne — a conduit la grande campagne de restauration lancée en 1840. Les travaux ont notamment porté sur la restitution des décors peints des colonnes et des voûtes, le remplacement des panneaux de vitraux disparus, et la reconstruction de la flèche du toit.

Quand a eu lieu la restauration la plus récente ?

2008-2015 — une campagne de conservation des vitraux sur 7 ans portant sur l'ensemble des 1 113 panneaux de la chapelle haute. Les panneaux ont été déposés, nettoyés, restaurés, puis reposés avec de nouveaux plombs de sertissage. Un vitrage de protection extérieur a été installé. Cette restauration a restitué l'intensité chromatique ternie par des siècles d'encrassement.

La Sainte-Chapelle a-t-elle été endommagée pendant la Révolution ?

Oui — transformée en entrepôt de farine puis en dépôt d'archives publiques durant la Révolution et le début du XIXe siècle. Des panneaux de vitraux furent endommagés ou retirés, les décors peints badigeonnés à la chaux, et la flèche du toit s'effondra. La restauration menée par Viollet-le-Duc dans les années 1840 a sauvé l'édifice de l'abandon post-révolutionnaire.

Les murs peints sont-ils d'origine ?

Repeints au XIXe siècle d'après les fragments de couleur médiévaux conservés. Les murs et colonnes sont ornés de fleurs de lys dorées sur fond bleu, de motifs végétaux et de panneaux rouge profond. La palette suit les vestiges d'origine ; la peinture actuelle est une restauration.

Des dégradations récentes sont-elles à signaler ?

Aucun dommage majeur au XXIe siècle. L'incendie de Notre-Dame en 2019 (édifice distinct situé à 200 mètres) n'a pas touché la Sainte-Chapelle. La campagne de conservation de 7 ans achevée en 2015 a permis de retrouver un état exceptionnel, inégalé depuis plus d'un siècle.